Analog Collector - le blog

01 février 2012

Chet Baker - Interview de Frédéric Thomas, fondateur du label Sam Records

Quelques mots sur Chet Baker

image004Chet Baker naît à Yale aux Etats-Unis 1929 et commence à étudier la musique dès l’adolescence, avant de se produire dans des orchestres de danse. Il joue en 1946 dans l’orchestre de l’armée américaine, stationné en Allemagne, et se passionne pour la vague Be bop et les orchestres blancs de l’époque, comme celui de Woody Hermann. Revenu à la vie civile, il fait ses premiers grands pas avec Stan Getz, Charlie Parker et surtout Gerry Mulligan, qui le convie à enregistrer avec lui, avant de créer son propre ensemble. Il devient rapidement célèbre pour ses sensuelles et longues improvisations à la trompette, toujours menées avec soin, qui font les délices des amateurs de jazz.

En 1954, Chet Baker est élu trompettiste de l'année par de nombreux magazines de jazz. Avec son quartet, il se rend en Europe en 1955 et sa sincérité enchante le public venu en nombre l’acclamer à ses concerts. Il signe un contrat avec le label Barclay et grave alors quelques-unes de ses meilleures faces. Traumatisé par la mort de son pianiste, Dick Twardzick, Chet Baker revient l’année suivante aux Etats-Unis, avec un style plus mature et moins délicat aussi, et enregistre pour le label Riverside. Il devient une véritable icône, apprend le bugle, à la sonorité plus ronde que la trompette, mais son addiction à l’héroïne commence à lui poser de sérieux problèmes avec la justice américaine. Il sera arrêté, emprisonné, voire expulsé des pays où il se produit, de nombreuses fois.

À partir de 1965, miné par la drogue et l’alcool, sa popularité est en berne. Victime d’un règlement de compte avec des dealers – mâchoire fracturée, dents cassées – en 1966, il sera privé de scène jusqu’en 1973. Il apprend à jouer avec un dentier, repart en Europe et enregistre de nombreux albums. Au début des années 1980, sa musique devient plus profonde, presque introvertie. Alors que ses qualités musicales sont au plus haut, Chet Baker décède mystérieusement en tombant de la fenêtre de sa chambre d'hôtelà Amsterdam, le 13 mai 1988, sous l’emprise de substances illicites.

Sam Records vient de rééditer en vinyle l’un des tout premiers disques européens de l’artiste, avec Dick Twardzik au piano, Jimmy Bond à la contrebasse et Peter Littman à la batterie. Nous avons rencontré à Paris le fondateur de ce jeune label, Frédéric Thomas, et l’avons interrogé sur l’aventure de cette réédition, ses méthodes de travail et ses projets. 

PochetteChetBaker


Qu’est-ce qui vous a poussé à rééditer ce disque de Chet Baker ?

Il y a plusieurs raisons. La première, c’est qu’il s’agit de son premier disque enregistré en France lorsqu’il est arrivé en 1955. La seconde, c’est que ce disque est musicalement superbe et toutes les compositions sont fort bien jouées. La troisième, c’est la sensibilité à fleur de peau de tous les musiciens que l’on ressent tout au long de l’enregistrement. La dernière, c’est qu’il s’agit d’un album très important de Chet Baker, car il était, à cette époque, très ami et complice avec son pianiste, qui allait mourir d’une overdose quelque temps après l’enregistrement. Chet devra donc créer une nouvelle formation. J’ajouterais enfin que ce disque de Chet, avec Dick Twardzik, est aujourd’hui totalement introuvable en vinyle sur le marché de l’occasion. Ce pressage de Chet a dû passer deux fois seulement en salle des ventes en dix ans. Il a été réédité une seule fois en vinyle, à ma connaissance, en Espagne, et j’estime à une centaine le nombre d’exemplaires en circulation sur le marché ou dans les collections de disques microsillons des amoureux de jazz.


Que représente-t-il dans la carrière du musicien ?

C’est un disque sur lequel Chet ne chante pas, ce qui est très différent de ce qu’il a fait auparavant pour le label Pacific aux Etats-Unis. Il ne chantera du reste sur aucun de ses disques réalisés en France. C’est aussi un disque charnière. Dans son opus suivant, on a l’impression que le trompettiste n’est plus le même. Visiblement, la mort tragique de son pianiste l’a beaucoup marqué. Outre la disloquation du Quartet, à laquelle a conduit cette disparition brutale, je dirais que Chet allait perdre un peu sa sensibilité. Le monde s’est écroulé et le trompettiste se mettra ensuite à boire et à se droguer toujours plus.


Comment qualifieriez-vous la « Chet Baker's touch » de cette époque ?

C’est presque un musicien qui fait l’amour avec sa trompette ! [rires]. Miles Davis faisait aussi la même chose, d’une certaine façon, mais Chet le fait avec davantage de douceur, de rondeur, plus de souplesse aussi. Il susurre la musique. Il chantait du reste de la même façon qu’il jouait de la trompette.


Comment déterminez vous le choix des disques que vous rééditez ?

Il faut que ça me plaise et que l’enregistrement soit vraiment une rareté.


La pochette du disque est très soignée. Comment avez-vous vous fait ?

J’ai déjà réédité un disque du saxophoniste Nathan Davis, en 2006, avec un imprimeur de grande qualité. Je tenais à trouver un prestataire capable de réaliser une pochette à rabats, soignée, comme ce qui se faisait dans les années 1950 et 1960. Comme j’ai été très content de cette collaboration, j’ai choisi le même imprimeur pour le disque de Chet Baker.

Pour le visuel, ma longue expérience de professionnel de l’image m’a été très utile. J’ai directement contacté l’auteur de la photo, Jean-Pierre Leloir, et la rencontre s’est très bien passée. On a parlé très peu d’argent et discuté pendant près de deux heures de musique et de photographie. Bref, nous nous sommes très bien entendus. J’ai eu accès directement à ses négatifs. Jean-Pierre est malheureusement décédé alors que la réédition du disque de Chet Baker était déjà lancée, mais j’ai continué à avoir accès à son fonds d’images grâce à sa fille et à son assistant.

Je reproduis les pochettes de mes rééditions à l’identique mais, pour la photographie de couverture, je tiens toujours à repartir soit du négatif original, soit d’un bon tirage papier, voire d’un scan du négatif, et je refuse de me contenter d’un fac-similé comme n’hésitent pas à le faire certains éditeurs peu scrupuleux.

En ce qui concerne la typographie, tous les textes ont été tapés avec la police d’époque et il ne s’agit en aucun cas d’un simple scan d’une pochette ancienne. J’ai tout fait pour reproduire la pochette originale de 1955 avec des techniques d’impression les plus modernes.


Parlez-nous de la partie « masterisation » de cette aventure discographique.

Cette étape a été assez longue et compliquée, car on ne trouve plus guère en France de techniciens du son capables de travailler uniquement en analogique. L’idéal aurait été d’aller aux Etats-Unis, car c’est là-bas que l’on trouve les meilleurs spécialistes de l’analogique, éventuellement en Allemagne ou en Angleterre. Comme je n’avais pas l’autorisation de sortir les bandes de l’enregistrement de France, j’ai opté pour leur numérisation en haute définition dans un studio parisien avant de faire préparer des laques pour le pressage du vinyle par François Terrazzoni, qui a fait des prises de son pour les labels Decca et Philips dans les années 1970. Le résultat est très réussi, de l’avis de tous ceux qui ont écouté le produit final. L’objectif initial était d’être le plus proche possible du pressage des années 1950, bien qu’il y ait toujours des petites pertes d’informations musicales avec des bandes qui ont plus de cinquante ans. Aucune compression n’a été apportée au son, pas de dynamique ajoutée non plus. On a juste parfois modulé les extrêmes aigus et les extrêmes graves.


Quelles sont les contraintes ?

Si les bandes sont très bien conservées, ce qui a été le cas, et qu’on les confie à un technicien de talent, on arrive facilement à un bon résultat.


Comment voyez-vous la place du vinyle aujourd’hui ?

Il s’agit d’une toute petite niche. Il y a deux types de vinyles aujourd’hui : ceux réalisés à partir d’un disque compact, en dépit du bon sens, aux résultats sonores hasardeux ou similaires au CD, sans que ne soient payés aucun droit d’auteur, ni aux artistes ni aux auteurs des photographies des pochettes ou à leurs ayant-droits. On enlève les logos des labels d’origine, le nom des photographes et c’est ni vu, ni connu ! C’est environ 80 % des rééditions de disques de jazz en vinyle aujourd’hui. C’est tout simplement du pillage, le plus souvent de catalogues américains et européens. Et puis il y a les pressages de qualité, comme ceux de Speakers Corner en Allemagne, qui sont réalisés à partir des bandes analogiques originales. Les pochettes sont imprimées à partir des photographies et des documents d’époque. Ces disques sont au final de beaux objets que l’on prend vraiment plaisir à regarder et à écouter.

LesterYoung


Après la réédition du disque de Chet Baker, vous vous êtes attelé à celle d’un enregistrement de Lester Young – un musicien pour lequel Chet avait beaucoup d’admiration – réalisé aussi à Paris. C’est tout frais. Parlez-nous en.

image005C’est le dernier disque de Lester Young, enregistré le 4 mars 1959 dans les studios Barclay, à Paris. À l’époque, Lester Young était fatigué, vieilli, rongé par l’alcool et ne mangeait quasiment plus. On sent cette usure à l’écoute de cette publication. Il allait mourir quinze jours après ! Mais, c’est pourtant bien Lester Young, c’est bien lui qui pleure avec son saxophone. Ce n’est pas son meilleur disque, certes, mais c’est un témoignage très émouvant du très grand artiste qu’il a été auparavant. C’est comme les derniers disques du saxophoniste Coleman Hawkins ou de la chanteuse Billie Holiday, ça compte et c’est fort. Curieusement, ce disque de Lester n’est pas tout de suite sorti en France mais uniquement aux Etats-Unis, avec une qualité sonore assez mauvaise. Le son du pressage américain est très étouffé par rapport au son du pressage européen. Les bandes originales de l’enregistrement final ont semble-t-il disparu. Je suis donc parti d’une copie de 1975, un « mono-mono ». C’est à dire qu’on lit les bandes uniquement sur la voie de droite ou de gauche. Il a donc fallu dupliquer la piste mono, lors de la phase de numérisation des bandes, sur l’autre voie. On a remonté un peu le niveau du saxophone de Lester Young pour retrouver une cohérence sur son placement par rapport aux autres musiciens, ce qui a pris du temps, afin de se rapprocher les plus possible de ce que l’on pouvait entendre sur les bandes originales.


Quel est votre prochain projet de réédition ?

Je compte rééditer un disque du saxophoniste Barney Wilen enregistré pour la Guilde du jazz en 1957. Je ne pourrai pas, hélas, a priori, partir des bandes originales, mais d’un vinyle en parfaite condition. Les éventuelles imperfections seront entièrement nettoyées lors de la phase de numérisation.

 

Propos recueillis par Philippe Demeure pour Analog Collector

Note technique : 07/10 – Prise de son très intelligible et instruments bien intégrés dans l’acoustique des studios de l’époque. Du relief. Le résultat est étonnant compte-tenu des contraintes de départ. 

Posté par remivimard à 10:01 - - Commentaires [0]


10 janvier 2012

2012

Bonjour à tous,

Je profite tout d’abord de ce petit message pour souhaiter une très bonne année 2012 à ceux que je n’ai pas encore vus au magasin.

Veuillez noter, s’il vous plaît les nouveaux horaires du magasin à partir du mois de février : le magasin sera ouvert les lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi de 13h à 19h, et fermé le mercredi et le dimanche.

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L’année commence plutôt bien du côté des rééditions vinyles. Comme vous le savez, ce secteur est en plein essor et les mélomanes qui découvrent ou redécouvrent ce support sont toujours plus nombreux…

image002Coup de cœur du mois pour ce nouvel opus de la grande Nina Simone chez PURE PLEASURE !
Captée en décembre 1961 dans l’intimité du célèbre club de Manhattan le Village Gate, la grande chanteuse, accompagnée de son guitariste favori, Al Schackman, se montre aussi à l’aise dans le pur jazz que dans des thèmes plus folk ou gospel. Mais Nina Simone n’est pas seulement une grande chanteuse noire de plus, car l’élégance et la perfection de son jeu au piano (n’oublions pas que sans la ségrégation de l’époque elle aurait pu faire une carrière de soliste classique) illumine d’une beauté complexe un thème comme Bye Bye Blackbird, qui paraît pourtant si simple…
Cet enregistrement sur le vif a été superbement remasterisé en analogique par Sean Magee dans les célèbres studios d’Abbey Road.
Un pur moment d’émotion et de grande musicalité, comme l’ont certainement ressenti les spectateurs du club new-yorkais il y a 51 ans !

 

image004Chez l’éditeur allemand SPEAKERS CORNER, retrouvons le chef d’orchestre Eugen Jochum dans son répertoire de prédilection. Dès l’âge de 23 ans, il faisait ses débuts avec Bruckner, et il lui demeura fidèle tout au long de sa carrière. Enregistrant pour laDeutsche Grammophon une intégrale des symphonies qui fit date, Jochum est encore considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes du grand compositeur romantique. Le disque ici présent propose un enregistrement de la 5e symphonie du compositeur autrichien datant du printemps 1964. Il règne une atmosphère quasi-mystique dans cette interprétation, la sonorité de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam étant sublimée par l’acoustique toute particulière de l’abbaye bénédictine d’Ottobeuren.
En complément de programme, si j’ose dire, la 36e symphonie de Mozart nous prouve, s’il en était besoin, à quel point Jochum était un mozartien né… 

image006Toujours chez SPEAKERS CORNER, l’album Solitude de Billie Holiday. Datant de 1952, ce beau disque fait partie des sessions enregistrées pour le label de Norman Granz avec les musiciens « maison » : Oscar Peterson, Barney Kessel, Ray Brown, Flip Philips, Charlie Shavers et Alvin Stoller. Reconnaissable entre mille, la fragile voix éraillée, toujours au bord de l’évanouissement, de Lady Day égrène ici de Blue Moon à These Foolish Things certains des plus beaux standards du jazz vocal américain.

 


45 TOURS QUAND TU NOUS TIENS !

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Même si c’est la crise et que vous avez déjà Ella & Louis, le Body & Soul de Billie Holiday ou le Best Of de Sam Cooke en multiples versions 33 tours, courez vous les offrir en réédition double 45 tours de chez ANALOGUE PRODUCTIONS. Quand la copie dépasse l’original, il faut bien que le collectionneur que je suis range sa cellule mono dans sa boîte et mette sa vieille galette au mur (car, quand même, la pochette…).

 

QUATRE NOUVELLES REEDITIONS BLUE NOTE CHEZ HEAVENLY SWEETNESS

image013 Le jeune éditeur français nous restitue en 180 g quelques perles du prestigieux catalogue américain.

Mon coup de coeur perso pour le magnifique album Stick Up du vibraphoniste Bobby Hutcherson (eh oui, y’a pas que Lionel Hampton dans la vie !) avec Joe Henderson et McCoy Tyner, du grand Blue Note d’avant la fin…

Un Freddie Hubbard, Breaking Point, et un Brother Jack McDuff Moon Rappin, méconnus mais à découvrir…

Pour finir, le fameux Matador de Kenny Dorham avec Jackie Mc Lean, paru à l’origine sur le label United Artists.

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Côté Hi-Fi, vous trouverez désormais en écoute permanente l’ampli intégré Dartzeel CTH 8550, qui allie élégance et raffinement à la plus grande universalité en termes de mariage avec une paire d’enceintes… N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une écoute approfondie.

dartzeel-cth8550

Pour ceux qui écoutent encore des CD (je vois tout de suite les foudres du Dieu Analogique s’abattrent sur son plus fidèle défenseur !), une bonne nouvelle avec l’arrivée au magasin du lecteur Playback Designs MPS-3. Vous pourrez ainsi vous rendre compte par vous-même que, si un CD ne « sonne » pas comme un vinyle, il peut néanmoins vous faire redécouvrir votre discothèque numérique et vous donner ainsi beaucoup de plaisir. En plus, vous pouvez y connecter votre ordinateur et écouter de la musique dématérialisée (là, tout le monde se dit : ça y est, Analog touche le fond !).

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Posté par remivimard à 22:04 - - Commentaires [0]
08 décembre 2011

Noël en musique

En ce mois de décembre généralement dédié aux cadeaux, je vous propose de vous faire plaisir parmi cette avalanche de nouveautés.

image044Commençons par un projet éditorial de grande classe. Le collectionneur Antoine de Beaupré a eu l’idée de regrouper dans un magnifique livre les 52 œuvres utilisées comme pochettes de disques (de 1955 à 2005) du grand peintre Mati Klarwein, en y intégrant un double album vinyle d’un concert de Miles Davis en 1969, resté inédit sur ce support. Vous connaissez tous la célèbre pochette du Bitches Brew de Miles, mais l’occasion vous est donnée, avec ce magnifique objet de collection (tirage numéroté limité à 500 exemplaires), de voyager à travers l’œuvre de cet artiste baroque, héritier de Salvador Dalí et créateur du surréalisme psychédélique. En couverture du double album se trouve le tableau Zonked, un portrait de Betty Davis, l’ex-femme du trompettiste, célèbre chanteuse qui fit découvrir à son époux le funk de Sly Stone et le rock psychédélique de Hendrix. Miles avait commandé au peintre allemand ce portrait en vue d'illustrer l’un de ses disques, mais y renonça par la suite, pour cause de séparation, jugeant à l’époque sa belle comme « trop jeune et sauvage » pour lui.

Le programme du concert de Copenhague en 1969 :

Disque 1 / Face A : 1- Directions. 2- Miles Runs The Voodoo Down. Face B : 1- Bitches brew.Disque 2 / Face C : 1- Agitation. 2- I Fall In Love to Easily. 3- Sanctuary. Face D : 1- It's about That Time / The Theme

Les musiciens : Miles Davis (trompette), Wayne Shorter (saxophone), Chick Corea (piano électrique), Jack DeJohnette (batterie), Dave Holland (contrebasse).

Le double album est vendu exclusivement avec le livre.
Le prix en souscription est de 290 €.

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Chez l’éditeur allemand SPEAKERS CORNER

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- Du blues pur et dur avec le retour au catalogue du premier disque (1969) du célèbre guitariste albinos Johnny Winter (Columbia CS 9826). Avec Edgar Winter, Walter 'Shakey' Horton, Willie Dixon…

- Le concert du « Duke » à Newport en 1958. Ellington y est, comme toujours, merveilleusement entouré de Johnny Hodges et Paul Gonsalves, mais vient s’ajouter un invité de marque en la personne de Gerry Mulligan. Historique ! (Columbia CS 8072)

- Joli doublé pour les cinéphiles amateurs de bandes originales, avec deux références signées Henri Mancini : Breakfast At Tiffany's (RCA LSP-2362), avec son hit planétaire Moon River et le non moins fameux thème de la « Panthère rose » (RCA LSP-2795 The Pink Panther).

- Avec la sortie de l’intégrale de La Belle au bois dormant (Decca SXL 2160-62), célèbre ballet de Tchaikovsky, Speakers Corner renoue avec ses amours de jeunesse, s’étant fait connaître il y a plus de dix ans pour ses rééditions des fameux enregistrements stéréophoniques DECCA. Retrouvez ici toutes les couleurs et la flamboyance de l’Orchestre de la Suisse Romande sous la direction d’Ernest Ansermet, dans une prise de son de 1959 qui… décoiffe son homme !

- Rappelons l’élégant disque de la formation de chambre Italienne I MUSICI dans l’Adagio de Barber, les Airs anciens et danses pour luth de Resphigi, les Danses populaires roumaines de Béla Bartók et la Simple Symphony Opus 4 de Benjamin Britten (Philips 835096 AY). Vous trouverez la chronique détaillée de ce disque sur le blog du magasin : http://remivimard.canalblog.com/archives/2011/10/03/22223445.html

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Restons outre-Rhin, avec deux nouvelles parutions chez CLEARAUDIO, qui exploite toujours les archives de l’éditeur à l’étiquette jaune.

image010 image012Les concertos pour violon de Mozart interprétés et dirigés par le grand violoniste allemand Wolfgang Schneiderhan (DGG SLPM 139 463).

Et, pour les amateurs de chants grégoriens, la Troisième Messe de Noël sous la direction du père Godehard Joppich de l’abbaye des Bénédictins (ARCHIV 4778041). Cette version érudite et documentée, qui renouvelle le genre, cherche à "rendre aux mélodies l’originalité de leur prestance sonore rythmo-agogique".

 

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 Vous n’aurez pas besoin de traverser la Manche pour acquérir les nouveautés de l’éditeur britannique PURE PLEASURE

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- Je dois dire que la découverte de la version de You Don’t Know What Love Is par Cassandra Wilson a été pour moi un pur moment d’émotion. Si vous êtes, vous aussi, passé à côté de ce bijou parce qu’il n’existait jusqu’à présent que sur un vulgaire CD (enregistrement de 1993), je vous encourage vivement à réparer cette erreur… Blue Light’ Til Dawn, double album (PPAN BST 81357).

- Pour rester sur les voix chaudes et rocailleuses, je vous propose d’écouter ce magnifique Snowbound de l’immense Sarah Vaughan (PPAN R52091), un must pour les longues soirées hivernales qui approchent…

- Retour au catalogue du classique Kansas City Revisited du tromboniste Bob Brookmeyer, accompagné par Al Cohn, Paul Quinichette, Jim Hall… (PPAN UAL4008).

- Du blues anglais, avec Smiling Like I’m Happy de l’harmoniciste et chanteur Duster Bennett. On retrouve, sur cet album enregistré aux studios CBS de Londres en 1968 et produit par Mike Vernon pour le mythique label Blue Horizon, des membres du Fleetwood Mac (Duster Bennett, Stella Sutton, Peter Green, John McVie, Mick Fleetwood, Ham Richmond – PP 7-63208).

- Suites des rééditions en vinyles de Keb’Mo, avec Suitcase, son opus de 2006 (PPAN 77621).

- Le 9e album de Mary Black, Speaking With The Angel (1999), plus acoustique que son précédent Shine, revient aux racines de la chanteuse. (PPAN 014)

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ANALOGUE PRODUCTION poursuit son travail de restauration du catalogue IMPULSE, avec ses fabuleuses rééditions en double album 45t (meilleure dynamique et résolution) et nous permet ainsi d’apprécier à quel point cet éditeur de légende était précurseur en terme d’audiophilie !

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- Enormes coups de cœur personnels pour le Ballads & Blues de McCoy Tyner (AS AIPJ 39) et le The Voice That Is (AS AIPJ 74) du crooner Johnny Hartman.

- Les aficionados du Trane se régaleront tout autant avec la sublime version de Song Of Praise, sur l’album The John Coltrane Quartet Plays(AIPJ 85), qu’avec l’hommage de son batteur Elvin Jones (AIPJ88), Dear John C.

- Retrouvez également ces titres méconnus de trois géants du jazz : Salt And Pepper, de Sonny Stitt & Paul Gonzalves (AS AIPJ 52), Wrapped Tight, de Coleman Hawkins (AS AIPJ 87) et Art Blakey !!!!! Jazz Messengers !!!! (AS AIPJ 7).

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Je vous parlais, la dernière fois que j’ai eu le temps de vous écrire un mot, de cette nouvelle association entre le label ANALOGUE PRODUCTION, d’une part, et l’équipe de fabrication de QUALITY RECORD PRESSINGS, d’autre part. Voici la suite des rééditions, toutes de la plus haute qualité qui soit, au format 33 T.

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image035- Jimmy Witherspoon & Ben Webster, Roots (AS AAPP 6057)
- Tony Joe White, Homemade Ice Cream (AS AAPP 2708)
Freddie King, Texas Canonball (AS AAPB 8913)
Freddie King, Getting Ready… (AS AAPB 8905)
RAY CHARLES, Genious + Soul Jazz (AS AAPP 2)
- RAY CHARLES & BETTY CARTER (AS AAPP 385)
- RAY CHARLES, Live (AS AAPP 500)
- Mon favori : Ben Webster, Gentle Ben (AS AAPJ 040), très beau disque de ballades, avec le pianiste catalan Tete Montoliou.

 

image081image079L'inauguration, avec ces deux premiers titres des 25 rééditions du prestigieux catalogueVERVE, toujours par ANALOGUE PRODUCTION et QUALITY RECORD PRESSINGS, mais cette fois en format 45 T.

Autant dire que, même si vous l’avez déjà écoutée mille fois pour régler votre chaîne Hi-Fi (ou tout simplement pour le plaisir, il y en a qui le font), vous n’avez pourtant jamais entendu comme cela la contrebasse de Ray Brown sur l’introduction de You Look Good To Me, premier thème de la face B du disque intitulé We Get Requests du Trio d’OscarPeterson ! (AS AVRPJ 8606)

De même, la présence et le naturel de la voix de Joao Gilberto, associée à la finesse du saxo du Dolphin vous sautera aux esgourdes comme jamais ! Stan Getz & Joao Gilberto (AS AVRPJ 8545)

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Terminons cette sélection de Noël par un double coup de cœur pour des enregistrements qui ne sont pas à proprement parler audiophiles, mais entrés dans la légende du jazz des années 50. Le nouvel éditeur Sam Records a mis un point d’honneur à ce que leurs rééditions soient des plus soignées, tant sur le plan sonore que sur le plan visuel.

image083Il s’agit, d’une part, de l’une des sessions mythiques que Chet Baker a enregistrées en France pour le label Barclay avec le fabuleux pianiste Dick Twardzick. Non seulement le son est très beau pour un enregistrement monophonique qui a bientôt soixante ans, mais Fred Thomas (Monsieur Sam Records) a poussé le vice (ou la vertu) jusqu’à repartir du négatif de la célèbre photo de Jean-Pierre Leloir pour faire une pochette quasiment plus belle que l’originale.

 

 

image085Saluons, d’autre part, le retour d’un autre témoignage historique capté en France à cette époque où notre pays servait de terre d’accueil (pour ne pas dire d’asile) à ces musiciens noirs américains mal compris et surtout assez peu respectés au pays du jazz et des libertés. Le Dernier Message de Lester Young, enregistré le 4 mars 1959 au Studio Barclay (avec Kenny Clarke, Jimmy Gourley, Jamil Nasser et René Urtréger), s’écoute comme un véritable chant du Cygne : le saxophoniste américain décèdera d’une crise cardiaque quelques jours plus tard (le 15 mars 1959). Dans cette dernière session bouleversante, le Président, bien que très affaibli, fait preuve d’une grâce absolue, qui ne nous rappelle que trop celle de sa dame de cœur, j’ai nommé Billie Holiday…

Ces deux disques magnifiques, pressés en 180 g chez Pallas, en Allemagne, avec inserts de photos supplémentaires, sont édités à 750 exemplaires (pour le monde), autant dire qu’ils sont déjà collectors !


Voilà de quoi remplir, je l’espère, la hotte du vieux monsieur à la barbe blanche et tout de rouge vêtu…

Cordialement,
Rémi Vimard

Posté par remivimard à 12:21 - - Commentaires [0]
03 octobre 2011

Chronique de disque : I Musici par Speakers Corner

imusiciEn 1952, la création d’I Musici à Rome marque un tournant dans l’interprétation du répertoire baroque, que l’on redécouvre depuis peu. Pour la première fois, on allait jouer au XXe siècle cette musique avec un visage totalement nouveau, en limitant le nombre de pupitres à onze instruments à cordes et un clavecin. Cet ensemble, qui joue sans chef, doit sa fondation au célèbre violoniste italien Remy Principe (1889-1977), également professeur à l’Académie Sainte-Cécile, qui, au tout début des années 1950, incite ses étudiants à jouer la musique de Vivaldi et de ses contemporains avec grâce, entrain et légèreté. Qui n’a jamais entendu les Quatre Saisons du Prêtre Roux dans l'une des six affriolantes versions d’I Musici publiées entre 1955 et 1995 ? Au fil des ans, les pupitres se sont renouvelés et l’ensemble a élargi son répertoire à la musique du XXe siècle, comme en témoigne cette réédition par Speakers Corner d’un enregistrement réalisé en 1961 par le label Philips et consacré aux compositeurs Ottorino Respighi, Samuel Barber, Béla Bartók et Benjamin Britten.

Dans la « renaissance » de la musique italienne au XXe siècle, Ottorino Respighi (1879-1936) occupe une place de premier ordre. Loin de l’avant-garde de son époque, il allie pureté et rigueur à une conception très sensuelle de l’écriture musicale, tout en restant fidèle au poème symphonique. Détenteur d’un solide métier, sa parfaite connaissance de l'orchestre et son goût prononcé pour le chatoiement orchestral sont immédiatement reconnaissables. Il est parfois proche des compositeurs dits « impressionnistes » dans sa transposition sonore de l'impression sensible. Respighi apprécie enfin les modes archaïques et orientaux, qu’il manie à la perfection. Cette synthèse d'éléments classiques, postromantiques et modernes, toujours judicieusement agencés, révèle toute sa splendeur dans les Airs anciens et danses pour luth que Respighi a orchestrés avec un remarquable savoir-faire.

De son côté, la musique de Samuel Barber (1910-1981) déploie une grande maîtrise compositionnelle construite à partir de sensibilités et de structures davantage tournées vers le romantisme. Elle est lyrique, sophistiquée du point de vue rythmique et riche en harmonies. Assez variée – elle touche tous les domaines de composition : mélodie, sérénade, symphonie, quatuor… –, cette musique sera défendue par des artistes et chefs d'orchestre de renom, comme Vladimir Horowitz, Arturo Toscanini, Dmitri Mitropoulos ou Leontyne Price, pour ne citer qu’eux. Pourtant, trente ans après sa mort, Barber reste, pour de nombreux mélomanes, avant tout le compositeur de l’Adagio pour cordes, une transcription voluptueuse et sensuelle d’un mouvement de son Quatuor à cordes n° 1 Opus 11 composé en 1936, connue dans le monde entier, à travers notamment le cinéma – Elephant Man de David Lynch, Platoon d’Oliver Stone… –, et fréquemment jouée en concert. Il s’agit d’un long flot mélodique traversé de subtiles modulations qui évoquent par instants Mahler. Le compositeur arrangea aussi ce morceau pour un chœur à huit voix en 1967, sous le titre d’Agnus Dei.

Les Danses populaires roumaines de Béla Bartók (1881-1945) ont d'abord été écrites pour piano à quatre mains en 1915. Ce n'est qu'en 1917 que Bartók décide, en raison de leur succès, d’en réaliser une transcription pour petit orchestre. Avec cet arrangement, il souhaite préserver le caractère intime et enlevé de ces danses, basées sur des mélodies populaires roumaines, en évitant l'obstacle de l'orchestre symphonique. Le génie de Bartók aura été d’harmoniser chaque mélodie différemment les unes des autres et de respecter les modes et échelles propres à cette musique. Bref, cette ravissante succession de courtes pièces caractéristiques nous invite à un très agréable voyage en terre roumaine.

Benjamin Britten (1913-1976) nous a laissé un héritage musical plutôt « conventionnel », à l’écart de tout courant avant-gardiste, préférant rendre hommage aux musiques du Moyen Âge et au bel canto. Créée en 1934, la Simple Symphony Opus 4 est une œuvre d’ambition et de dimensions modestes. Écrite en quatre mouvements pour un orchestre à cordes, elle utilise des thèmes empruntés à des œuvres de jeunesse du compositeur. Le Frolicsome Finale (« Finale espiègle ») avec ses allures haydniennes est particulièrement savoureux !

Cet attrayant programme nous offre une vision totalement nouvelle d’I Musici, que l’on associe trop souvent aux seules Quatre Saisons de Vivaldi. L’interprétation ne mérite que des éloges. C’est mordant et souple à la fois, l’allure est spontanée et rien ne vient jamais altérer le grain des cordes. La finesse des détails, la décontraction dans la respiration, la sobriété des attaques, tout est posé, mesuré, et l’on ne s’ennuie jamais. Dans l’Adagio de Barber, les I Musici donnent une dimension quasi-mystique au tube du compositeur américain. Dans les Airs anciens et danses pour luth de Respighi, nos Italiens imposent une approche théâtrale sans édulcorant, donnant au texte une affable saveur. Les Danses populaires roumaines de Bartók leur offrent l’occasion d’imposer leur science du timbre avec une bonhomie bien sympathique. On sera tout aussi enthousiaste avec la Simple Symphony de Britten aux sonorités charnues comme il se doit. Si l’on s’enivre aisément de ce beau vinyle, on a, en revanche, bien du mal à le quitter !

 

Philippe Demeure, journaliste
pour Analog Collector 

 

Note technique : 8/10. Acoustique naturelle. Prise de son précise et équilibrée.

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22 septembre 2011

Abondance de biens ne nuit pas

L’été nous a apporté son lot de nouveautés et septembre n’est pas en reste. Je vous propose donc de faire un point sur la très riche actualité des sorties vinyles audiophiles de la rentrée.

Chez l’éditeur anglais PURE PLEASURE

Le fameux Chet Baker & Strings.
Un coffret très hot de trois disques Vanguard Chicago The Blues Today !
Le beau Great Jazz Standards du Gil Evans Orchestra, avec le trop méconnu Johnny Coles à la trompette.

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Trois titres récents apparaissent pour la première fois en vinyles : Pointless Nostalgicl’album qui révéla Jamie Cullum, et The Boy Next Door, où Stacey Kent reprend un thème cher à tous les Français amateurs de Charles Trenet ou de François Truffaut : Que reste-t-il de nos amours ; enfin, le double album Folk Art, du quintette de Joe Lovano, avec la nouvelle égérie de la scène jazz : la contrebassiste Esperanza Spaulding.

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Chez SPEAKERS CORNER RECORDS

image007L’immense pianiste Sviatoslav Richter est à l’honneur. Après nous avoir restitué dans un son magnifique ses concertos de Liszt, l’éditeur allemand nous donne à redécouvrir les sonates pour violoncelle et piano de Beethoven, où Richter et son comparse Rostropovitch forment un duo quasi inégalé pour son « romantisme flamboyant ».

image008Mais la surprise vient, peut-être encore plus, du disque Chostakovitch. En effet, tout le monde connaît ses symphonies ou ses quatuors à cordes, mais sa musique pour piano… Je vous laisse le plaisir de lire le très bel article du journaliste Philippe Demeure au sujet de ce disque précieux (au sens de rare), un peu plus bas sur la page de ce blog.

Les fans du son si particulier de l’orgue Hammond B3, se jetteront sur ce Bashin’ du spécialiste de cet instrument Jimmy Smith. 

Quant aux amoureux de guitare, ils seront comblés par le disque (peu connu) de Baden Powell enregistré en Allemagne et par ce Nothing But The Blues au titre évocateur de Monsieur Herb Ellis, accompagné à l’occasion par, excusez du peu, Stan Getz, Roy Eldridge et Ray Brown ! 

Vous qui êtes amateur de jazz vous connaissiez le thème Dat Dere de Bobby Timmons, mais saviez-vous que les paroles étaient d’Oscar Brown Jr ? Alors, il ne vous reste plus qu’à écouter son album Sin & Soul paru sur le label Columbia…

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J’ai été bavard, mais la musique dont je vous parle ne l’est pas ! Je reviendrai donc dans quelque temps sur la suite de la publication par le label anglais TESTAMENT du legs discographique du grand violoniste américain Michael Rabin. Je vous raconterai à l’occasion mon coup de cœur (datant d’une bonne vingtaine d’année) pour cet artiste encore trop mal connu en France.

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Chez ANALOGUE PRODUCTIONS

Pour finir, le label célèbre pour ses hallucinantes rééditions BLUE NOTE en double 45t, associé à QUALITY RECORD PRESSING pour la fabrication, nous embarque dans une zone encore insoupçonnée de perfection analogique. Car, en effet, jamais ces deux piliers de l’audiophilie n’ont mieux sonné qu’aujourd’hui.

image019Le célébrissime Tea for the Tillerman de Cat Stevens (en version 33tours 200g). L’ingénieur du son de l’époque, George Marino, nous apprend que, la bande Master étant en parfait état de conservation, il a eu très peu de travail à effectuer lors du remastering analogique et que le produit fini gagne en richesse et naturel par rapport à l’original (déjà magnifique).

image020L'un des plus beaux albums de Blues acoustique qui soit, le Folk Singer de Muddy Waters, sort en version double 45t, dans un son totalement ébouriffant qui ferait passer les autres rééditions de ce hit pour du MP3 ! Courez je vous dis…

 

 

 

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08 septembre 2011

Chronique de disque : Chostakovitch, chez Speakers Corner

chostakovitchDmitri Chostakovitch (1906-1975) a longtemps fait l’objet de débats contradictoires. Encensé ou méprisé, il a divisé la critique. Trop formaliste, pas assez « moderne » pour les uns, véritable acte de foi personnel traduisant parfaitement l'âme russe pour les autres, sa musique a eu pendant des décennies ses contempteurs et ses partisans. Aujourd’hui, ces débats paraissent bien stériles et Chostakovitch s’est imposé au fil des ans comme un compositeur majeur du XXe siècle. Revenons sur la carrière de ce musicien hors norme à l’occasion de la réédition en vinyle, par l’éditeur allemand Speakers Corner, des six Préludes et Fugues de l’opus 87 enregistrés en 1963 par Sviatoslav Richter pour le label Philips.

Né dans une famille russe cultivée, Chostakovitch se forme très jeune à la musique, au conservatoire de Petrograd, où il suit les cours de Nikolaiev pour le piano et de Steinberg pour la composition. Enfant précoce, il commence à écrire de la musique dès l’âge de dix ans, ce qui émerveille son entourage. Dans les années 1920, on le considère comme un compositeur d’avant-garde, tant dans ses propres œuvres que dans celles qu’il joue ou fait connaître à ses contemporains. Créée en 1926, sa Première symphonie lui vaut une renommée internationale. Les célèbres chefs d’orchestre Bruno Walter ou Leopold Stokowski n’hésiteront pas du reste à la donner en concert respectivement à Berlin et Philadelphia.

Mais le ton acide et moderne de ses premières œuvres symphoniques et lyriques d’envergure déplaît fortement à Staline, ce qui vaut à Chostakovitch un sévère rappel à l’ordre dans la Pravda en 1936 pour l’« immoralité » de sa musique. Il perd dès lors son enthousiasme, nombre de ses illusions et se voit contraint de transiger désormais avec le régime, ce qui lui sera longtemps reproché. Il est vrai que le poste de premier secrétaire de l’Union des compositeurs soviétiques qu’il occupera à partir de 1960 – après avoir consacré les années précédentes surtout à la composition – fera de lui l’un des artistes les plus dévoués à la cause soviétique, sans compter les nombreux prix qu’il aura reçu dans son pays : « Artiste du peuple de l’URSS » en 1954, « Prix Lénine » en 1958... Ses mémoires posthumes, publiées à l’Ouest, dévoileront toutefois le terrible drame des contraintes idéologiques qu’il aura dû endurer pour tenir une position équilibrée entre les œuvres nationalistes de circonstance et les exigences de sa propre et riche inspiration musicale.

Son style a beaucoup évolué : de ses premières pages expérimentales marquées par le contact avec la musique occidentale – Bartok, Berg, Schoenberg notamment – comme les opéras Le Nez et Lady Macbeth du district de Mtsenk aux ultimes symphonies et quatuors à cordes tout aussi sombres et déchirés que portés par une belle noblesse et un humanisme généreux, il y a un grand pas, des retournements, des remises en cause, des interrogations propres à tout artiste de talent.

Son œuvre comprend cent quarante-sept numéros d'opus avec principalement des symphonies, des quatuors à cordes, des concertos, des mélodies, trois opéras, trois ballets, de nombreuses musiques de chambre, de scènes et de films. Comparée aux symphonies et aux quatuors à cordes, analysés et commentés à de multiples reprises, souvent enregistrés et donnés régulièrement en concert dans le monde entier, l’œuvre pour piano de Chostakovitch est aujourd’hui négligée et encore très méconnue du public occidental, peut-être parce qu’elle occupe une place modeste dans son corpus musical. Notre compositeur est pourtant un excellent pianiste et auteur de pièces d’envergure pour cet instrument. Chostakovitch se produit d’ailleurs souvent tant dans le grand répertoire que dans ses œuvres personnelles. Il obtient même un diplôme d’honneur au premier Concours Chopin à Varsovie en 1927. On lui doit, entre autres, deux sonates – l’Opus 12 de 1926 et l’Opus 61 de 1943 - dans lesquelles il développe, en particulier dans la première, d’étonnantes recherches futuristes et constructivistes qui n’ont rien à envier à la musique la plus avant-gardiste de leur temps, des danses, de brefs Aphorismes empreints de modernité, un Cahier d’enfant, un Concertino pour deux pianos et surtout un cycle de Vingt-quatre Préludes, écrit en 1933, un équivalent moderne aux Préludes de Chopin, suivi, près de vingt ans plus tard, par les Vingt-quatre Préludes et Fugues de l’Opus 87 composés en hommage à Bach.

C’est après avoir assisté aux concerts du Bicentenaire de la naissance de Bach, en 1950 à Leipzig, que Chostakovitch entreprend d’écrire ce cycle de Préludes et Fugues. Il mène ce projet à bien en moins de quatre mois ! Il y dépasse souvent la pure abstraction musicale, chère au Cantor de Leipzig, au profit d’une musique très sensuelle, d’un hommage poétique au Clavier bien tempéré dont il s’inspire. Tout coule ici naturellement et promène l’auditeur à travers une large palette de sentiments. Le cycle complet est créé en décembre 1951, à Leningrad, par la pianiste russe Tatiana Nikolaeva qui le jouera toute sa vie. Pour Alexander Melnikov, qui a gravé pour Harmonia Mundi, en 2009, une intégrale remarquée, l’Opus 87 « exprime la voix d’un homme tourmenté, qui trouve encore et encore, encore et toujours la force d’affronter la vie telle qu’elle est, dans toute sa diversité, sa laideur et parfois sa beauté ».

Ami de Prokofiev et Rostropovitch, virtuose accompli, sensible, intelligent, éternel ambassadeur de la musique russe dont il raffolait, Sviatoslav Richter fait partie des rares pianistes de légende qui ont abordé ce cycle – seuls les Préludes et Fugues n°s 4, 12, 14, 15, 17 et 23 ont été ici retenus – et défié sur son propre terrain Tatiana Nikolaeva, son interprète attitrée. Il a toujours jugé primordial de « retrouver intacte, le cœur, la vérité nue de l’auteur qui créa [l’]œuvre ». Pendant près de quarante-cinq minutes, on baigne dans un rêve qui ne cesse jamais de nous émerveiller. Avec son jeu tour à tour vif-argent et délicat, sa ligne racée et claire, Richter nous offre une véritable leçon de tenue, une leçon de justesse, une leçon de sincérité. D’humanité et d’engagement aussi. L’architecture musicale est toujours fort bien dessinée. Un superbe moment de grâce pianistique !

Philippe Demeure, journaliste
pour Analog Collector

 

Note technique : 8/10. Bonne définition et transparence. Le piano est enregistré à une distance idéale ce qui lui donne un très agréable volume sonore.

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30 mai 2011

Grand nettoyage de printemps !

Nous l'attendions, vous l’attendiez depuis longtemps… j'ai bien sûr nommé la machine à nettoyer les vinyles Audio Desk Vinyl Cleaner.
 
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Révolutionnaire !
Cette ingénieuse machine haut de gamme nettoie les disques en profondeur à l'aide d'ultrasons. Fini les frottements et l’usure d’une brosse, sans parler des aspirations agressives et bruyantes…
Le disque passe dans un bain d’ultrasons, mélange d’eau distillée et d’agent nettoyant doux. Il est ensuite séché lentement et délicatement sans se charger en électricité statique.
Six minutes plus tard, le disque ressort comme neuf.

L’opération est entièrement automatique, les deux faces sont nettoyées simultanément, la plus petite particule de saleté incrustée dans la profondeur du sillon sera éliminée grâce aux ultrasons. Cette forme innovante de nettoyage, qui fait appel aux procédés utilisés dans l’univers médical, est non seulement plus performante quant au recul du bruit de fond et à l’élimination des bruits parasites (électricité statique, humidité, encrassement dû à un mauvais nettoyage…), mais elle est également plus respectueuse de vos précieuses « galettes ». La surface du vinyle n’est plus brossée puis aspirée comme dans les autres procédés de nettoyage traditionnel, ici tout se fait dans la douceur…
 
Prix de la version standard : 2 200 €.
 
Si une démonstration vous tente, n’hésitez pas à nous rendre visite, le premier nettoyage vous sera offert.

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16 mai 2011

Les parutions de mai 2011

Amoureux du violon, réjouissez-vous !
L’éditeur anglais Testament nous restitue ce mois-ci quatre trésors absolus, enregistrés par Leonid Kogan et David Oistrakh pour le prestigieux catalogue Columbia. Attention, chefs d’œuvres !
parutions2011_05 Même si vous pensez avoir tout entendu dans ces grands concertos qui vous paraissent un peu trop « rabâchés », vous ne pouvez passer à côté de l’urgence qui irradie du Beethoven par Leonid Kogan. Vous ne pourrez pas ignorer, non plus, cette poésie toute slave qui émane de « son » Tchaikovsky. Quant au programme Mozart/Mendelssohn, l’archet du soliste russe atteint une telle élégance que vous n’y resterez pas insensible. A noter, pour les plus collectionneurs d’entre vous, qu’il s’agit de la première parution anglaise en stéréo ! (Seule la Columbia Française avait édité la bande stéréo sous la référence SAXF 138.) Ces trois disques enregistrés en France bénéficient, avec l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, sous la direction de Constantin Silvestri, d’un écrin vif argent à la fraîcheur aussi inattendue qu’envoûtante.
 
Grâce à la noblesse d’archet du « Grand David », les petites pièces de virtuosité, souvent intitulées, comme ici, Encores, et jouées à la fin des concerts sous forme de Bis, acquièrent, sous les doigts d’Oistrakh, une profondeur toute particulière. Après l’écoute de ce disque, le Clair de Lune de Debussy ne vous apparaîtra plus comme de la « musique d’ascenseur » et vous ne confondrez plus la Mazurka de Zarzycki avec une entrée méditerranéenne !
 
Il est évident que ces rééditions ne sont à manquer sous aucun prétexte. Il s’agit, vous l’aurez compris, de mon « coup de cœur » du mois.

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08 avril 2011

Les parutions d'avril 2011

clip_image002Je viens de recevoir les nouveautés du mois et je vous fais part de ma joie à l’idée de retrouver le duo mythique composé d’Ella Fitzgerald et de Louis Armstrong. Ce double album sobrement intitulé Ella & Louis… again est, tout autant que le premier, un véritable grand cru à déguster sans modération. La suavité et le swing de la voix d’Ella, mélangés au timbre rocailleux à souhait de Monsieur Louis, c’est le cocktail vocal absolu. Classique, certes, mais aussi indémodable, la preuve ! Le son est superbe, comme souvent chez Speakers Corner, encore un must du catalogue allemand.

Celui-ci nous restitue également le trop peu connu Solitude On Guitar du guitariste brésilien Baden Powell. Un album de Bossa enregistré en Allemagne en 1971, avec à la basse Eberhard Weber, que l’on retrouvera sur le célèbre catalogue ECM.
 
clip_image004La fournée du mois chez Acoustech nous gâte, avec le très attendu (à juste titre) Dippin’ du saxophoniste Hank Mobley. Cet album Blue Note au groove incroyable vous fera danser, j’en suis sûr, comme le suggère si bien la typographie du titre de la splendide pochette orange signée Reid Miles.
 
Dans la même série (double album 45 tours), vous pourrez retrouver le Midnight Special de Jimmy Smith, avec le talentueux guitariste Kenny Burrell. Plus inattendu, l’éditeur américain exhume un album très rare du pianiste Walter Davis, avec Jackie McLean et Donald Byrd. Ce Davis Cup sera une belle découverte pour beaucoup d’entre vous…

Last but not least, mon coup de cœur ira ce mois-ci au très sous-estimé Inception du trio de McCoy Tyner. Ce 33 tours issu du fameux catalogue Impulse nous prouve, si besoin est, à quel point ce pianiste énergique peut être élégant et raffiné, et qu’il mérite bien plus que le titre d’accompagnateur de John Coltrane !

Toujours chez Impulse/Acoustech, retrouvez Today & Now, du quartet de Coleman Hawkins.
 
clip_image006Diverse Records nous propose le deuxième opus de la jeune et jolie (cela ne gâche rien) Laura Marling, I Speak Because I Can. Elle aurait effectivement tort de ne pas chanter, avec cette voix qui nous rappelle un peu la Joni Mitchell des débuts et des arrangements où l’on pourrait déceler l’influence d’un Nick Drake, par exemple. Du très bon folk/pop, donc, et un talent à découvrir d’urgence…
 
A ceux qui partent je souhaite de bonnes vacances. Aux autres (pas forcément malchanceux), de belles écoutes, car il y a encore de quoi se régaler ce mois-ci !

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28 mars 2011

Le Nagra nouveau est arrivé !

Je l’attendais, nous l’attendions depuis Noël, il ne s’agit pas du messie, mais bien de mon ampli NAGRA 300… La musique est tellement plus belle et intéressante avec ce bijou que je vous invite à venir faire une petite (ou une grande) écoute au magasin ! Si vous ne pouvez pas passer aux horaires habituels, je reçois également les lundis, mardis, jeudis et vendredis matins sur rendez-vous.

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