06 avril 2012

Comment j'ai découvert Michael Rabin

RabinAu tout début des années 1990, alors encore étudiant, je découvrais la musique classique et, grâce aux premières rééditions CD, les « enregistrements historiques ». Comme beaucoup d’autres discophiles parisiens, je hantais régulièrement les disquaires d’occasion du 5e arrondissement quand, au sous-sol de l’un d’eux, je dénichai un coffret consacré aux enregistrements EMI (labels Columbia et Capitol) d’un certain Michael Rabin. En rentrant chez moi, je fus littéralement subjugué dès la première écoute ! Par delà l’acidité et la platitude de ces premiers supports numériques, je tombais sous le charme de cette plénitude de jeu et de ce timbre des plus voluptueux, quelle que soit la difficulté technique. Des semaines plus tard, grâce à un ami collectionneur, je basculais dans le monde merveilleux du vinyle où, à l’époque, il suffisait de faire les poubelles des beaux quartiers pour dénicher de véritables trésors. C’est chez un soldeur du Boul'mich qu’entre deux disques de Franck Pourcell et de Caravelli, je trouvais mon premier LP de Rabin : L’Archet magique, pressé en France par Pathé-Marconi. Tout ce que j’avais pressenti lors de l’écoute des médiocres CD était sublimé par ma modeste platine Thorens et mon vieil ampli McIntosh. J’avais bien découvert, par un heureux hasard, un des plus grands violonistes
du XXe siècle…

Enfant prodige

Michael Rabin est né le 2 mai 1936 à New York City. Son père, George, violoniste au Philharmonique de New York et sa mère, Jeanne, professeur de piano à la Juilliard School, décèlent l’oreille absolue de leur fils alors qu’il n’a que trois ans. Michael commence à étudier le piano, puis le violon, pour lequel ses dons sont tels qu’il intègre la classe du célèbre professeur Ivan Galamian à l’âge de neuf ans et se produit pour la première fois en public à Cuba sous la direction d’Arthur Rodzinski en 1947. En février 1950, après avoir gagné un concours, le jeune virtuose est programmé pour la première fois dans la célèbre salle de Carnegie Hall. Dimitri Mitropulos lui offre une place de soliste après avoir déclaré : « Voici vraiment le violoniste de génie de demain ; il a tout ce qu’il faut pour faire de lui un grand artiste et pour faire vibrer le monde musical. C’est un enfant béni et déjà entièrement voué à sa mission. » Le violoniste français Zino Francescatti, qui fait carrière aux États-Unis, recommande le prodige à son éditeur, la Columbia américaine, qui publiera, entre 1950 et 1953, ses trois premiers disques 25 cm. « Génial », « talent phénoménal », « sans aucune faiblesse », musiciens et critiques ne tarissent pas d’éloge sur le jeune prodige. Sa carrière est lancée. En 1952, il part en tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande, la Metro Goldwyn Mayer lui confie l’interprétation de la musique du film Rhapsody avec Liz Taylor.

Les années EMI

De 1955 à 1958, Michael Rabin enregistre pour la Columbia anglaise, filiale d’EMI dirigée par le célèbre producteur et directeur artistique Walter Legge. Après des débuts de virtuose, le violoniste américain atteint une forme de maturité. Faisant preuve d’humilité et de raffinement dans son engagement face au « grand » répertoire, il dévoile sa très grande musicalité. Le premier disque regroupe le Concerto n° 1 pour violon de Paganini et celui de Glazunov (33 CX 1281), suivent ensuite le Concerto pour violon de Tchaïkovski (33 CX 1422), la Fantaisie écossaise de Max Bruch (33 CX 1538) et le Concerto pour violon op. 64 de Mendelssohn (couplé à un Tzigane de Ravel d’anthologie 33 CX 1597). Ces enregistrements en tous points exceptionnels viennent d’être magnifiquement réédités en vinyle audiophile 180 grammes par le label britannique Testament.

Gloire et déchéance

PaganiniLa fin de l’année 1958 marque le début du contrat de Rabin avec la firme phonographique américaine Capitol, qui compte à son prestigieux catalogue des stars internationales comme Franck Sinatra. Rabin est donc une star du violon virtuose à Hollywood. Il enregistre l’intégrale des Caprices et le premier concerto de Paganini (Testament SP 8534) et deux disques de « petites « pièces, l’un avec accompagnement de piano (« Mosaics » Testament SP 8506), l’autre soutenu par l’orchestre du Hollywood Bowl (« The Magic Bow » Testament SP 8510).

Au début des années 1960, les concerts du violoniste commencent à décevoir les critiques qui trouvent que son jeu n’ est plus aussi brillant… Il est possible que l’enfant prodige, une fois devenu adulte, se soit lassé de toutes ces tournées et sollicitations diverses. Des rumeurs commencent à circuler sur ses addictions possibles à l’alcool et à la drogue, on évoque également la maladie mentale. Il est clair que Rabin ne semble pas avoir les ressources psychologiques pour supporter sa célébrité. Le déclin est alors en marche et le virtuose va être rapidement supplanté dans le cœur des mélomanes américains par la nouvelle génération de violonistes israéliens et asiatiques.

Le 19 janvier 1972, Michael Rabin est retrouvé mort dans son appartement new-yorkais. Selon la police et le professeur Ivan Galamian, le violoniste aurait glissé sur un tapis et sa tête aurait heurté une table. Le rapport du médecin légiste démontre que, bien qu’accidentelle, la chute aurait pu être provoquée par l’usage de barbituriques. Alors, suicide ?

Bien que quelques musiciens comme Perlman savent tout ce qu’ils doivent à l’héritage du grand violoniste américain, Michael Rabin a bien failli être oublié, le fameux New Grove Dictionary ne le mentionnant même pas. Il a fallu toute l’admiration et la clairvoyance d’une poignée de collectionneurs passionnés pour que de furtives rééditions apparaissent, d’abord en microsillons, puis à l’heure du compact disc pour que cet archet majeur retrouve enfin son rang. Nous nous réjouissons que les prix élevés, sur le marché de l’occasion, des vinyles originaux de Rabin aient poussé l’éditeur britannique Testament à nous restituer ces « galettes » dans le meilleur son possible pour un prix modique.

Archet magique 

Pourquoi, quarante ans après sa mort, Michael Rabin est-il aujourd’hui encore comme un des plus grands archets du XXe siècle ? Même si son legs discographique est relativement réduit et ne couvre, à quelques exceptions près (Bach), que le répertoire dit « virtuose », l’évidente grâce absolue d’intonation, qui se dégage des interprétations du violoniste, peut nous laisser croire qu’une fois débarrassé de ses problèmes psychologiques, cet archet « magique » aurait certainement pu aborder avec sérénité et élégance le répertoire de musique de chambre et nous offrir ainsi, lors d’une deuxième vie, une musique plus lumineuse que brillante…  Car le « son » Rabin, c’est la rencontre entre la voluptueuse beauté d’un timbre riche et chaleureux et la vélocité d’un engagement émotionnel aussi intense qu’envoûtant.

Rabin et les caprices de Paganini, une longue histoire

Quand Michael enregistre onze des vingt-quatre Caprices de Paganini les 19 et 25 mai 1950 pour le label américain Columbia, il vient d’avoir quatorze ans. Le résultat est tout simplement inouï et le succès foudroyant. La maîtrise technique de l’adolescent et sa virtuosité sont aussi ébouriffantes que sa musicalité intense.

À la fin de l’année 1958, Rabin inaugure son nouveau contrat avec l’éditeur américain Capitol avec l’enregistrement, complet cette fois, des 24 Caprices du grand maître italien. La légende veut que le compositeur génois ait passé un pacte avec le diable, ce qui expliquerait cette effrayante virtuosité. Il est clair pourtant que c’est bien le travail qui permit à Paganini d’atteindre un niveau technique alors encore inconnu pour cet instrument. Il est probable que le but de ces compositions soit, plus qu’une série d’études, un véritable manifeste de l’art du violon. La vision de Michael Rabin, grâce au dépassement de la pure virtuosité, nous révèle la véritable nature de la musicalité du compositeur italien. À juste titre devenue une véritable légende, cette première intégrale en stéréo – Ruggiero Ricci avait devancé l’américain quelques années plus tôt pour Decca, mais en mono – est si accomplie qu’elle en est peut-être définitive. À tel point qu’Itzhak Perlman dédia à Rabin son propre enregistrement des Caprices.

 

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21 mars 2012

Réédition de l'enregistrement historique d'un trio de rêve

Duke Ellington au piano, Charles Mingus à la contrebasse et Max Roach à la batterie, c’est le trio inespéré. On croit rêver en les voyant tous les trois, concentrés, sur la photo de couverture du disque Money Jungle enregistré en 1962. L’homme au chapeau, c’est Ellington, 63 ans, l’un des plus grands pianistes et compositeurs de jazz du XXe siècle, à l’intuition musicale imparable, qui a dirigé des orchestres pendants plus de quarante ans. Il a le sens des instrumentistes comme aucun autre. À côté de lui, à sa gauche, celui qui semble lire avec bienveillance la partition sur le piano, c’est Max Roach, 38 ans devant l’Éternel, un original, l’un des batteurs, percussionnistes et compositeurs les plus importants et innovants de l’ère be-bop, briseur de conventions musicales et enrôleur fameux de talents. Au fond, enfin, c’est Charles Mingus, 40 printemps, contrebassiste polyglotte, physique imposant, connu tant pour son irascibilité que pour son goût pour l’expérimentation, capable de pousser ses partenaires de workshops au-delà des limites du raisonnable. Il a déjà travaillé avec Roach dans les années 1950 et a beaucoup d’admiration pour le « Duke ».

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Un trio piano-basse-batterie totalement inattendu

À l’époque, en plein hard-bop et début sérieux du free jazz, la musique de Duke Ellington paraît « démodée ». Ses glorieuses années au temps de la Prohibition sont loin. Aussi, il met le monde du jazz en ébullition lorsque son flair musical lui dicte d’enregistrer, non pas ses éternels standards avec un orchestre cousu de fil blanc, mais d’oser le rapport de force avec deux instrumentistes frondeurs, Mingus et Roach, dans un trio piano-basse-batterie totalement inattendu.

Historique, notre enregistrement l’est à plus d’un titre. Primo, ce ne sont pas les jeunots du trio qui vont dominer la situation, car dans sa carrière finissante Duke Ellington est loin d’avoir dit son dernier mot. L’écumeur du swing et des salles de danse a ici tout composé et imposé sa loi. Secundo, s’il a convoqué deux musiciens iconoclastes à l’époque, c’est qu’il veut se confronter à leurs velléités avant-gardistes. Tertio, ce disque n’aura aucune suite.

Money Jungle est un blues tonitruant que l’on pourrait classer entre le post-bop et l’avant-garde. Le joyau de cette réédition est la fragile et entêtante ballade Les fleurs africainesAfrican flower - où la contrebasse éthérée de Mingus côtoie la batterie troublante, quasi mystique, de Roach. Ce morceau, très court, est devenu depuis un incunable du jazz. Very special est un blues très vif, presque anguleux. Tout comme dans le tendre Warm Valley, le piano d’Ellington y est si évident, si direct, tellement en osmose avec le jeu de Mingus et Roach qu’on leur en veut beaucoup, à tous les trois, rétroactivement, de ne pas s’être rencontrés plus souvent. Très enlevé également, le blues Wig Wise déploie un tissu sonore complexe, très inspiré, orchestral et post-bop à tomber par terre. L’approche sauvage du tube d’Ellington, Caravan, est un véritable uppercut porté aux oreilles pour son audace musicale jamais prise en défaut. Enfin, Solitude qui clôture ce programme magique dans lequel Ellington tisse tout seul son canevas mélodique pendant plus de trois minutes, avant d’être rejoint par ses deux acolytes, nous rappelle à quel point il fut un extraordinaire créateur, capable de se plier en quatre pour révéler la substantifique moelle de sa propre musique. Avec ce disque, on entre en jazz comme on entre en religion. On sait désormais à quels saints se vouer.

                                                                                                                                          Philippe Demeure
                                                                                                                                          Pour Analog Collector

Technique : 07/10 – Enregistrement avec une acoustique agréable. Bon équilibre entre les instruments. Timbres un peu secs. Prise de son nettement meilleure que toutes celles des différentes rééditions en disques compacts parues depuis la fin des années 1980.

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14 mars 2012

Speaker Corner réédite « Les Nuits d’été » et « Shéhérazade »

Les Nuits d’été d’Hector Berlioz et Shéhérazade de Maurice Ravel appartiennent depuis longtemps aux tubes de la musique classique et il en existe, sur le marché, plusieurs dizaines de versions différentes. Speaker Corner réédite ces deux opus dans leur couplage d’origine, dans une présentation soignée comme il se doit. Retour sur la genèse de ces célèbres partitions et les nombreuses qualités de cet enregistrement.

ravel-berliozHector Berlioz (1803-1869) compose en général ses mélodies en réaction immédiate à la lecture de textes qui l’inspirent, ou parfois, à l’intention d’un chanteur pour un concert. Bon nombre de poètes figurent au nombre de ses amis, comme Alfred de Musset, Alfred de Vigny, Auguste Barbier, Gérard de Nerval ou bien encore Théophile Gautier. C’est dans un recueil de ce dernier, édité en 1838, la Comédie de la mort, que Berlioz choisit les six textes de ses Nuits d’été. Ce cycle de mélodies n’est pas composé sur commande, ou en vue d’un concert, mais simplement pour le plaisir d’écrire ce qui deviendra, jusqu’à aujourd’hui, l’une des créations les plus connues du compositeur.

En 1841, les Nuits d’été ne sont encore que six mélodies écrites initialement pour voix de ténor ou de mezzo-soprano avec accompagnement de piano. Elles ne seront complètement orchestrées qu’en 1856 et constituent le sommet de la production de mélodies de Berlioz, une réponse miraculeuse aux images d’amour nostalgique de Théophile Gautier, débutant sur une mélodie plutôt joyeuse et se refermant sur un rêve de terre lointaine. La version pour soprano et orchestre est la plus couramment jouée et enregistrée.

Berlioz, un musicien capable de traduire en musique une intense poésie

Villanelle est la plus charmante et la plus attrayante des six mélodies. Les quatre mélodies centrales adoptent un caractère plus mélancolique. Dans Le spectre de la rose, une élégante ligne mélodique cède à la fin la place à un récitatif fragmentaire simple et touchant. L’oppression funèbre de Sur les lagunes traduit le désespoir devant le vide absolu d’une vie sans amour vrai. La plainte lancinante d’Absence ou l’irréalité nocturne d’Au cimetière qui évoque « les ailes de la musique » sont là pour nous rappeler que Berlioz n’est pas un chef exacerbé à la tête de bataillons instrumentaux fracassants, comme se complaisent à tort à le dessiner les caricaturistes de son temps. Il est au contraire un musicien capable de traduire en musique une intense poésie et une fine émotion dans l’emploi retenu des masses et le choix délicat des timbres solistes comme il le fait dans les Nuits d’été.

Séparer le bon grain de l’ivraie parmi les multiples versions disponibles sur le marché – en disque compact avant tout – est difficile, car l’interprétation de ce « cycle », que ce soit avec Elly Ameling, Janet Baker, Suzanne Danco ou Jessye Norman pour les versions les plus anciennes ou avec Françoise Pollet, Suzan Graham, Véronique Gens pour les plus récentes, est souvent de très haute volée artistique.

La version chantée par Régine Crespin est peut-être la plus lyrique de toutes, et la façon remarquable dont sa voix se coule dans la mélodie est un véritable enchantement. L’inflexion, le port vocal, développés jusque dans le moindre détail, sont parfois si intimes qu’on a l’impression qu’elle nous dévoile un secret. Son émission puissante, claire et sa diction parfaite nous rappellent qu’elle fut l’une des très grandes sopranos du siècle dernier. L’orchestre préserve ces nombreuses qualités par son raffinement qui vibre à l’unisson avec la chanteuse. On comprend pourquoi cet enregistrement des Nuits d’été de 1963 reste encore aujourd’hui « historique » pour sa musicalité jamais prise en défaut.

Des vers mis en musique syllabe par syllabe

Près de soixante ans après l’écriture des Nuits d’été, Maurice Ravel (1875-1937) s’empare des poèmes en vers libres de Léon Leclère – wagnérien jusqu’au bout des doigts, ce dernier les signe « Tristan Klingsor » ! – pour composer Shéhérazade. Maurice Ravel s’est entiché de l’exotisme du texte et de la liberté métrique de ces vers. Ceux-ci sont mis en musique syllabe par syllabe et l’influence du Pelléas et Mélisande de Debussy y est évidente. Ravel se soucie aussi de traduire musicalement les finesses rythmiques des trois poèmes qu’il a sélectionnés, recherche qu’il poursuivra plus tard dans son opéra L’heure espagnole.

Le premier morceau, Asie, est le plus long et constitue une fantaisie orientale en plusieurs sections reliées par de brefs interludes. La flûte enchantée et L’indifférent sont plus courts. Le cycle subit alors une baisse régulière de tension, une gageure souvent difficile à tenir en musique, mais la beauté de la partition de Ravel est telle que le passage de la richesse voluptueuse d’Asie à la sensualité apaisée de L’indifférent séduit entièrement.

Régine Crespin a eu fort à faire avec les versions pionnières de Janine Micheau, « une gravure hallucinée et magistrale » pour le magasine Diapason, puis de Suzanne Danco, que ce soit avec Ansermet (1948) ou avec Charles Munch en concert, qui restent encore actuellement deux excellents crus.

Le chant de Régine Crespin, au style impeccable, va de l’avant sans traîner, sans solennité inutile et rend cet enregistrement de Shéhérazade incontournable. Son cœur appartient ici vraiment à la musique française. Le caractère élégiaque de la partition est parfaitement rendu par Ernest Ansermet dont la direction aérienne et la science des climats sont uniques en leur genre. Ceux qui chercheraient une version récente, digne d’être comparée à celle de Régine Crespin, se tourneront sans ambages vers celle de Felicity Lott, avec le même orchestre et Armin Jordan à la baguette.

Il y a derrière cette fort belle réédition un savant dosage entre poésie et fraîcheur, sensualité et émotion. Sans conteste, l’un des disques les plus touchants de Régine Crespin.

                                                                                                                                          Philippe Demeure
                                                                                                                                          Pour Analog Collector

 Technique : 08/10 – Belle acoustique sonore avec du relief. Bon équilibre voix/orchestre. Dynamique conséquente.

10 janvier 2012

2012

Bonjour à tous,

Je profite tout d’abord de ce petit message pour souhaiter une très bonne année 2012 à ceux que je n’ai pas encore vus au magasin.

Veuillez noter, s’il vous plaît les nouveaux horaires du magasin à partir du mois de février : le magasin sera ouvert les lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi de 13h à 19h, et fermé le mercredi et le dimanche.

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L’année commence plutôt bien du côté des rééditions vinyles. Comme vous le savez, ce secteur est en plein essor et les mélomanes qui découvrent ou redécouvrent ce support sont toujours plus nombreux…

image002Coup de cœur du mois pour ce nouvel opus de la grande Nina Simone chez PURE PLEASURE !
Captée en décembre 1961 dans l’intimité du célèbre club de Manhattan le Village Gate, la grande chanteuse, accompagnée de son guitariste favori, Al Schackman, se montre aussi à l’aise dans le pur jazz que dans des thèmes plus folk ou gospel. Mais Nina Simone n’est pas seulement une grande chanteuse noire de plus, car l’élégance et la perfection de son jeu au piano (n’oublions pas que sans la ségrégation de l’époque elle aurait pu faire une carrière de soliste classique) illumine d’une beauté complexe un thème comme Bye Bye Blackbird, qui paraît pourtant si simple…
Cet enregistrement sur le vif a été superbement remasterisé en analogique par Sean Magee dans les célèbres studios d’Abbey Road.
Un pur moment d’émotion et de grande musicalité, comme l’ont certainement ressenti les spectateurs du club new-yorkais il y a 51 ans !

 

image004Chez l’éditeur allemand SPEAKERS CORNER, retrouvons le chef d’orchestre Eugen Jochum dans son répertoire de prédilection. Dès l’âge de 23 ans, il faisait ses débuts avec Bruckner, et il lui demeura fidèle tout au long de sa carrière. Enregistrant pour laDeutsche Grammophon une intégrale des symphonies qui fit date, Jochum est encore considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes du grand compositeur romantique. Le disque ici présent propose un enregistrement de la 5e symphonie du compositeur autrichien datant du printemps 1964. Il règne une atmosphère quasi-mystique dans cette interprétation, la sonorité de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam étant sublimée par l’acoustique toute particulière de l’abbaye bénédictine d’Ottobeuren.
En complément de programme, si j’ose dire, la 36e symphonie de Mozart nous prouve, s’il en était besoin, à quel point Jochum était un mozartien né… 

image006Toujours chez SPEAKERS CORNER, l’album Solitude de Billie Holiday. Datant de 1952, ce beau disque fait partie des sessions enregistrées pour le label de Norman Granz avec les musiciens « maison » : Oscar Peterson, Barney Kessel, Ray Brown, Flip Philips, Charlie Shavers et Alvin Stoller. Reconnaissable entre mille, la fragile voix éraillée, toujours au bord de l’évanouissement, de Lady Day égrène ici de Blue Moon à These Foolish Things certains des plus beaux standards du jazz vocal américain.

 


45 TOURS QUAND TU NOUS TIENS !

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Même si c’est la crise et que vous avez déjà Ella & Louis, le Body & Soul de Billie Holiday ou le Best Of de Sam Cooke en multiples versions 33 tours, courez vous les offrir en réédition double 45 tours de chez ANALOGUE PRODUCTIONS. Quand la copie dépasse l’original, il faut bien que le collectionneur que je suis range sa cellule mono dans sa boîte et mette sa vieille galette au mur (car, quand même, la pochette…).

 

QUATRE NOUVELLES REEDITIONS BLUE NOTE CHEZ HEAVENLY SWEETNESS

image013 Le jeune éditeur français nous restitue en 180 g quelques perles du prestigieux catalogue américain.

Mon coup de coeur perso pour le magnifique album Stick Up du vibraphoniste Bobby Hutcherson (eh oui, y’a pas que Lionel Hampton dans la vie !) avec Joe Henderson et McCoy Tyner, du grand Blue Note d’avant la fin…

Un Freddie Hubbard, Breaking Point, et un Brother Jack McDuff Moon Rappin, méconnus mais à découvrir…

Pour finir, le fameux Matador de Kenny Dorham avec Jackie Mc Lean, paru à l’origine sur le label United Artists.

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Côté Hi-Fi, vous trouverez désormais en écoute permanente l’ampli intégré Dartzeel CTH 8550, qui allie élégance et raffinement à la plus grande universalité en termes de mariage avec une paire d’enceintes… N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une écoute approfondie.

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Pour ceux qui écoutent encore des CD (je vois tout de suite les foudres du Dieu Analogique s’abattrent sur son plus fidèle défenseur !), une bonne nouvelle avec l’arrivée au magasin du lecteur Playback Designs MPS-3. Vous pourrez ainsi vous rendre compte par vous-même que, si un CD ne « sonne » pas comme un vinyle, il peut néanmoins vous faire redécouvrir votre discothèque numérique et vous donner ainsi beaucoup de plaisir. En plus, vous pouvez y connecter votre ordinateur et écouter de la musique dématérialisée (là, tout le monde se dit : ça y est, Analog touche le fond !).

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08 décembre 2011

Noël en musique

En ce mois de décembre généralement dédié aux cadeaux, je vous propose de vous faire plaisir parmi cette avalanche de nouveautés.

image044Commençons par un projet éditorial de grande classe. Le collectionneur Antoine de Beaupré a eu l’idée de regrouper dans un magnifique livre les 52 œuvres utilisées comme pochettes de disques (de 1955 à 2005) du grand peintre Mati Klarwein, en y intégrant un double album vinyle d’un concert de Miles Davis en 1969, resté inédit sur ce support. Vous connaissez tous la célèbre pochette du Bitches Brew de Miles, mais l’occasion vous est donnée, avec ce magnifique objet de collection (tirage numéroté limité à 500 exemplaires), de voyager à travers l’œuvre de cet artiste baroque, héritier de Salvador Dalí et créateur du surréalisme psychédélique. En couverture du double album se trouve le tableau Zonked, un portrait de Betty Davis, l’ex-femme du trompettiste, célèbre chanteuse qui fit découvrir à son époux le funk de Sly Stone et le rock psychédélique de Hendrix. Miles avait commandé au peintre allemand ce portrait en vue d'illustrer l’un de ses disques, mais y renonça par la suite, pour cause de séparation, jugeant à l’époque sa belle comme « trop jeune et sauvage » pour lui.

Le programme du concert de Copenhague en 1969 :

Disque 1 / Face A : 1- Directions. 2- Miles Runs The Voodoo Down. Face B : 1- Bitches brew.Disque 2 / Face C : 1- Agitation. 2- I Fall In Love to Easily. 3- Sanctuary. Face D : 1- It's about That Time / The Theme

Les musiciens : Miles Davis (trompette), Wayne Shorter (saxophone), Chick Corea (piano électrique), Jack DeJohnette (batterie), Dave Holland (contrebasse).

Le double album est vendu exclusivement avec le livre.
Le prix en souscription est de 290 €.

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Chez l’éditeur allemand SPEAKERS CORNER

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- Du blues pur et dur avec le retour au catalogue du premier disque (1969) du célèbre guitariste albinos Johnny Winter (Columbia CS 9826). Avec Edgar Winter, Walter 'Shakey' Horton, Willie Dixon…

- Le concert du « Duke » à Newport en 1958. Ellington y est, comme toujours, merveilleusement entouré de Johnny Hodges et Paul Gonsalves, mais vient s’ajouter un invité de marque en la personne de Gerry Mulligan. Historique ! (Columbia CS 8072)

- Joli doublé pour les cinéphiles amateurs de bandes originales, avec deux références signées Henri Mancini : Breakfast At Tiffany's (RCA LSP-2362), avec son hit planétaire Moon River et le non moins fameux thème de la « Panthère rose » (RCA LSP-2795 The Pink Panther).

- Avec la sortie de l’intégrale de La Belle au bois dormant (Decca SXL 2160-62), célèbre ballet de Tchaikovsky, Speakers Corner renoue avec ses amours de jeunesse, s’étant fait connaître il y a plus de dix ans pour ses rééditions des fameux enregistrements stéréophoniques DECCA. Retrouvez ici toutes les couleurs et la flamboyance de l’Orchestre de la Suisse Romande sous la direction d’Ernest Ansermet, dans une prise de son de 1959 qui… décoiffe son homme !

- Rappelons l’élégant disque de la formation de chambre Italienne I MUSICI dans l’Adagio de Barber, les Airs anciens et danses pour luth de Resphigi, les Danses populaires roumaines de Béla Bartók et la Simple Symphony Opus 4 de Benjamin Britten (Philips 835096 AY). Vous trouverez la chronique détaillée de ce disque sur le blog du magasin : http://remivimard.canalblog.com/archives/2011/10/03/22223445.html

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Restons outre-Rhin, avec deux nouvelles parutions chez CLEARAUDIO, qui exploite toujours les archives de l’éditeur à l’étiquette jaune.

image010 image012Les concertos pour violon de Mozart interprétés et dirigés par le grand violoniste allemand Wolfgang Schneiderhan (DGG SLPM 139 463).

Et, pour les amateurs de chants grégoriens, la Troisième Messe de Noël sous la direction du père Godehard Joppich de l’abbaye des Bénédictins (ARCHIV 4778041). Cette version érudite et documentée, qui renouvelle le genre, cherche à "rendre aux mélodies l’originalité de leur prestance sonore rythmo-agogique".

 

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 Vous n’aurez pas besoin de traverser la Manche pour acquérir les nouveautés de l’éditeur britannique PURE PLEASURE

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- Je dois dire que la découverte de la version de You Don’t Know What Love Is par Cassandra Wilson a été pour moi un pur moment d’émotion. Si vous êtes, vous aussi, passé à côté de ce bijou parce qu’il n’existait jusqu’à présent que sur un vulgaire CD (enregistrement de 1993), je vous encourage vivement à réparer cette erreur… Blue Light’ Til Dawn, double album (PPAN BST 81357).

- Pour rester sur les voix chaudes et rocailleuses, je vous propose d’écouter ce magnifique Snowbound de l’immense Sarah Vaughan (PPAN R52091), un must pour les longues soirées hivernales qui approchent…

- Retour au catalogue du classique Kansas City Revisited du tromboniste Bob Brookmeyer, accompagné par Al Cohn, Paul Quinichette, Jim Hall… (PPAN UAL4008).

- Du blues anglais, avec Smiling Like I’m Happy de l’harmoniciste et chanteur Duster Bennett. On retrouve, sur cet album enregistré aux studios CBS de Londres en 1968 et produit par Mike Vernon pour le mythique label Blue Horizon, des membres du Fleetwood Mac (Duster Bennett, Stella Sutton, Peter Green, John McVie, Mick Fleetwood, Ham Richmond – PP 7-63208).

- Suites des rééditions en vinyles de Keb’Mo, avec Suitcase, son opus de 2006 (PPAN 77621).

- Le 9e album de Mary Black, Speaking With The Angel (1999), plus acoustique que son précédent Shine, revient aux racines de la chanteuse. (PPAN 014)

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ANALOGUE PRODUCTION poursuit son travail de restauration du catalogue IMPULSE, avec ses fabuleuses rééditions en double album 45t (meilleure dynamique et résolution) et nous permet ainsi d’apprécier à quel point cet éditeur de légende était précurseur en terme d’audiophilie !

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- Enormes coups de cœur personnels pour le Ballads & Blues de McCoy Tyner (AS AIPJ 39) et le The Voice That Is (AS AIPJ 74) du crooner Johnny Hartman.

- Les aficionados du Trane se régaleront tout autant avec la sublime version de Song Of Praise, sur l’album The John Coltrane Quartet Plays(AIPJ 85), qu’avec l’hommage de son batteur Elvin Jones (AIPJ88), Dear John C.

- Retrouvez également ces titres méconnus de trois géants du jazz : Salt And Pepper, de Sonny Stitt & Paul Gonzalves (AS AIPJ 52), Wrapped Tight, de Coleman Hawkins (AS AIPJ 87) et Art Blakey !!!!! Jazz Messengers !!!! (AS AIPJ 7).

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Je vous parlais, la dernière fois que j’ai eu le temps de vous écrire un mot, de cette nouvelle association entre le label ANALOGUE PRODUCTION, d’une part, et l’équipe de fabrication de QUALITY RECORD PRESSINGS, d’autre part. Voici la suite des rééditions, toutes de la plus haute qualité qui soit, au format 33 T.

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image035- Jimmy Witherspoon & Ben Webster, Roots (AS AAPP 6057)
- Tony Joe White, Homemade Ice Cream (AS AAPP 2708)
Freddie King, Texas Canonball (AS AAPB 8913)
Freddie King, Getting Ready… (AS AAPB 8905)
RAY CHARLES, Genious + Soul Jazz (AS AAPP 2)
- RAY CHARLES & BETTY CARTER (AS AAPP 385)
- RAY CHARLES, Live (AS AAPP 500)
- Mon favori : Ben Webster, Gentle Ben (AS AAPJ 040), très beau disque de ballades, avec le pianiste catalan Tete Montoliou.

 

image081image079L'inauguration, avec ces deux premiers titres des 25 rééditions du prestigieux catalogueVERVE, toujours par ANALOGUE PRODUCTION et QUALITY RECORD PRESSINGS, mais cette fois en format 45 T.

Autant dire que, même si vous l’avez déjà écoutée mille fois pour régler votre chaîne Hi-Fi (ou tout simplement pour le plaisir, il y en a qui le font), vous n’avez pourtant jamais entendu comme cela la contrebasse de Ray Brown sur l’introduction de You Look Good To Me, premier thème de la face B du disque intitulé We Get Requests du Trio d’OscarPeterson ! (AS AVRPJ 8606)

De même, la présence et le naturel de la voix de Joao Gilberto, associée à la finesse du saxo du Dolphin vous sautera aux esgourdes comme jamais ! Stan Getz & Joao Gilberto (AS AVRPJ 8545)

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Terminons cette sélection de Noël par un double coup de cœur pour des enregistrements qui ne sont pas à proprement parler audiophiles, mais entrés dans la légende du jazz des années 50. Le nouvel éditeur Sam Records a mis un point d’honneur à ce que leurs rééditions soient des plus soignées, tant sur le plan sonore que sur le plan visuel.

image083Il s’agit, d’une part, de l’une des sessions mythiques que Chet Baker a enregistrées en France pour le label Barclay avec le fabuleux pianiste Dick Twardzick. Non seulement le son est très beau pour un enregistrement monophonique qui a bientôt soixante ans, mais Fred Thomas (Monsieur Sam Records) a poussé le vice (ou la vertu) jusqu’à repartir du négatif de la célèbre photo de Jean-Pierre Leloir pour faire une pochette quasiment plus belle que l’originale.

 

 

image085Saluons, d’autre part, le retour d’un autre témoignage historique capté en France à cette époque où notre pays servait de terre d’accueil (pour ne pas dire d’asile) à ces musiciens noirs américains mal compris et surtout assez peu respectés au pays du jazz et des libertés. Le Dernier Message de Lester Young, enregistré le 4 mars 1959 au Studio Barclay (avec Kenny Clarke, Jimmy Gourley, Jamil Nasser et René Urtréger), s’écoute comme un véritable chant du Cygne : le saxophoniste américain décèdera d’une crise cardiaque quelques jours plus tard (le 15 mars 1959). Dans cette dernière session bouleversante, le Président, bien que très affaibli, fait preuve d’une grâce absolue, qui ne nous rappelle que trop celle de sa dame de cœur, j’ai nommé Billie Holiday…

Ces deux disques magnifiques, pressés en 180 g chez Pallas, en Allemagne, avec inserts de photos supplémentaires, sont édités à 750 exemplaires (pour le monde), autant dire qu’ils sont déjà collectors !


Voilà de quoi remplir, je l’espère, la hotte du vieux monsieur à la barbe blanche et tout de rouge vêtu…

Cordialement,
Rémi Vimard

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22 septembre 2011

Abondance de biens ne nuit pas

L’été nous a apporté son lot de nouveautés et septembre n’est pas en reste. Je vous propose donc de faire un point sur la très riche actualité des sorties vinyles audiophiles de la rentrée.

Chez l’éditeur anglais PURE PLEASURE

Le fameux Chet Baker & Strings.
Un coffret très hot de trois disques Vanguard Chicago The Blues Today !
Le beau Great Jazz Standards du Gil Evans Orchestra, avec le trop méconnu Johnny Coles à la trompette.

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Trois titres récents apparaissent pour la première fois en vinyles : Pointless Nostalgicl’album qui révéla Jamie Cullum, et The Boy Next Door, où Stacey Kent reprend un thème cher à tous les Français amateurs de Charles Trenet ou de François Truffaut : Que reste-t-il de nos amours ; enfin, le double album Folk Art, du quintette de Joe Lovano, avec la nouvelle égérie de la scène jazz : la contrebassiste Esperanza Spaulding.

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Chez SPEAKERS CORNER RECORDS

image007L’immense pianiste Sviatoslav Richter est à l’honneur. Après nous avoir restitué dans un son magnifique ses concertos de Liszt, l’éditeur allemand nous donne à redécouvrir les sonates pour violoncelle et piano de Beethoven, où Richter et son comparse Rostropovitch forment un duo quasi inégalé pour son « romantisme flamboyant ».

image008Mais la surprise vient, peut-être encore plus, du disque Chostakovitch. En effet, tout le monde connaît ses symphonies ou ses quatuors à cordes, mais sa musique pour piano… Je vous laisse le plaisir de lire le très bel article du journaliste Philippe Demeure au sujet de ce disque précieux (au sens de rare), un peu plus bas sur la page de ce blog.

Les fans du son si particulier de l’orgue Hammond B3, se jetteront sur ce Bashin’ du spécialiste de cet instrument Jimmy Smith. 

Quant aux amoureux de guitare, ils seront comblés par le disque (peu connu) de Baden Powell enregistré en Allemagne et par ce Nothing But The Blues au titre évocateur de Monsieur Herb Ellis, accompagné à l’occasion par, excusez du peu, Stan Getz, Roy Eldridge et Ray Brown ! 

Vous qui êtes amateur de jazz vous connaissiez le thème Dat Dere de Bobby Timmons, mais saviez-vous que les paroles étaient d’Oscar Brown Jr ? Alors, il ne vous reste plus qu’à écouter son album Sin & Soul paru sur le label Columbia…

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J’ai été bavard, mais la musique dont je vous parle ne l’est pas ! Je reviendrai donc dans quelque temps sur la suite de la publication par le label anglais TESTAMENT du legs discographique du grand violoniste américain Michael Rabin. Je vous raconterai à l’occasion mon coup de cœur (datant d’une bonne vingtaine d’année) pour cet artiste encore trop mal connu en France.

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Chez ANALOGUE PRODUCTIONS

Pour finir, le label célèbre pour ses hallucinantes rééditions BLUE NOTE en double 45t, associé à QUALITY RECORD PRESSING pour la fabrication, nous embarque dans une zone encore insoupçonnée de perfection analogique. Car, en effet, jamais ces deux piliers de l’audiophilie n’ont mieux sonné qu’aujourd’hui.

image019Le célébrissime Tea for the Tillerman de Cat Stevens (en version 33tours 200g). L’ingénieur du son de l’époque, George Marino, nous apprend que, la bande Master étant en parfait état de conservation, il a eu très peu de travail à effectuer lors du remastering analogique et que le produit fini gagne en richesse et naturel par rapport à l’original (déjà magnifique).

image020L'un des plus beaux albums de Blues acoustique qui soit, le Folk Singer de Muddy Waters, sort en version double 45t, dans un son totalement ébouriffant qui ferait passer les autres rééditions de ce hit pour du MP3 ! Courez je vous dis…

 

 

 

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16 mai 2011

Les parutions de mai 2011

Amoureux du violon, réjouissez-vous !
L’éditeur anglais Testament nous restitue ce mois-ci quatre trésors absolus, enregistrés par Leonid Kogan et David Oistrakh pour le prestigieux catalogue Columbia. Attention, chefs d’œuvres !
parutions2011_05 Même si vous pensez avoir tout entendu dans ces grands concertos qui vous paraissent un peu trop « rabâchés », vous ne pouvez passer à côté de l’urgence qui irradie du Beethoven par Leonid Kogan. Vous ne pourrez pas ignorer, non plus, cette poésie toute slave qui émane de « son » Tchaikovsky. Quant au programme Mozart/Mendelssohn, l’archet du soliste russe atteint une telle élégance que vous n’y resterez pas insensible. A noter, pour les plus collectionneurs d’entre vous, qu’il s’agit de la première parution anglaise en stéréo ! (Seule la Columbia Française avait édité la bande stéréo sous la référence SAXF 138.) Ces trois disques enregistrés en France bénéficient, avec l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, sous la direction de Constantin Silvestri, d’un écrin vif argent à la fraîcheur aussi inattendue qu’envoûtante.
 
Grâce à la noblesse d’archet du « Grand David », les petites pièces de virtuosité, souvent intitulées, comme ici, Encores, et jouées à la fin des concerts sous forme de Bis, acquièrent, sous les doigts d’Oistrakh, une profondeur toute particulière. Après l’écoute de ce disque, le Clair de Lune de Debussy ne vous apparaîtra plus comme de la « musique d’ascenseur » et vous ne confondrez plus la Mazurka de Zarzycki avec une entrée méditerranéenne !
 
Il est évident que ces rééditions ne sont à manquer sous aucun prétexte. Il s’agit, vous l’aurez compris, de mon « coup de cœur » du mois.

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08 avril 2011

Les parutions d'avril 2011

clip_image002Je viens de recevoir les nouveautés du mois et je vous fais part de ma joie à l’idée de retrouver le duo mythique composé d’Ella Fitzgerald et de Louis Armstrong. Ce double album sobrement intitulé Ella & Louis… again est, tout autant que le premier, un véritable grand cru à déguster sans modération. La suavité et le swing de la voix d’Ella, mélangés au timbre rocailleux à souhait de Monsieur Louis, c’est le cocktail vocal absolu. Classique, certes, mais aussi indémodable, la preuve ! Le son est superbe, comme souvent chez Speakers Corner, encore un must du catalogue allemand.

Celui-ci nous restitue également le trop peu connu Solitude On Guitar du guitariste brésilien Baden Powell. Un album de Bossa enregistré en Allemagne en 1971, avec à la basse Eberhard Weber, que l’on retrouvera sur le célèbre catalogue ECM.
 
clip_image004La fournée du mois chez Acoustech nous gâte, avec le très attendu (à juste titre) Dippin’ du saxophoniste Hank Mobley. Cet album Blue Note au groove incroyable vous fera danser, j’en suis sûr, comme le suggère si bien la typographie du titre de la splendide pochette orange signée Reid Miles.
 
Dans la même série (double album 45 tours), vous pourrez retrouver le Midnight Special de Jimmy Smith, avec le talentueux guitariste Kenny Burrell. Plus inattendu, l’éditeur américain exhume un album très rare du pianiste Walter Davis, avec Jackie McLean et Donald Byrd. Ce Davis Cup sera une belle découverte pour beaucoup d’entre vous…

Last but not least, mon coup de cœur ira ce mois-ci au très sous-estimé Inception du trio de McCoy Tyner. Ce 33 tours issu du fameux catalogue Impulse nous prouve, si besoin est, à quel point ce pianiste énergique peut être élégant et raffiné, et qu’il mérite bien plus que le titre d’accompagnateur de John Coltrane !

Toujours chez Impulse/Acoustech, retrouvez Today & Now, du quartet de Coleman Hawkins.
 
clip_image006Diverse Records nous propose le deuxième opus de la jeune et jolie (cela ne gâche rien) Laura Marling, I Speak Because I Can. Elle aurait effectivement tort de ne pas chanter, avec cette voix qui nous rappelle un peu la Joni Mitchell des débuts et des arrangements où l’on pourrait déceler l’influence d’un Nick Drake, par exemple. Du très bon folk/pop, donc, et un talent à découvrir d’urgence…
 
A ceux qui partent je souhaite de bonnes vacances. Aux autres (pas forcément malchanceux), de belles écoutes, car il y a encore de quoi se régaler ce mois-ci !

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20 mars 2011

Les parutions de mars 2011

charlin_faureChez Charlin, les gravures « historiques » de Germaine Thyssens-Valentin et du quatuor de l’ORTF (Jacques Dumont, 1er violon) nous reviennent avec une belle qualité de fabrication « audiophile ». Si vous ne connaissez pas ces œuvres de Fauré, c’est le moment de les découvrir…

Chez Speakers Corner, le très attendu The Soul of Ben Webster tient toutes ses promesses ; une découverte pour ma part, avec le beau disque folk de Wizz Jones Right Now et un très classique Requiem de Mozart par Colin Davis.

Pure Pleasure nous invite à découvrir un joli disque de June Christy, The Cool School. L’éditeur anglais réédite également l’album mythique des Jazz Messengers d’Art Blakey dans leur première formation (Donald Byrd, Horace Silver, Hank Mobley & Doug Watkins, paru chez Columbia US au début des années cinquante). Les amateurs de rock pourront redécouvrir le Messenger Service de Quicksilver.

 Acoustech nous bluffe toujours autant avec ses rééditions du catalogue Blue Note en doubles 45 tours ; retrouvez ce mois-ci le célèbre Blowin’ The Blues Away d’Horace Silver, le magnifique Hub-Tones de Freddie Hubbard et le trop méconnu Soundin’Off du trompettiste Dizzy Reece, le tout couronné par un sublime coffret Capitol (5 disques 45 tours assortis d’un un élégant livret) en hommage à Nat King Cole…
 
Voilà de quoi sortir de l’hiver en musique !
 

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